
Le mois de janvier est tout d'abord un mois de rassemblement citoyen. C'est le mois où dans chaque commune, nos concitoyens se retrouvent autour de leur association mais plus souvent autour de leur conseil municipal.
C'est l'unique circonstance où une grande partie de la population se retrouve pour écouter le message municipal, fait de l'année écoulée, des projets de l'année à venir, d'un message personnel du Maire.
C'est une émotion partagée du vivre ensemble, de vivre dans la même commune. C'est le fait de partager un destin commun qui sublime le sentiment d'appartenance.
La cérémonie des voeux dans nos communes est bien le symbole de notre richesse nationale avec ses 36500 communes.
En 2011, on peut observer un fil rouge dans les propos des Maires, qu'ils soient sur Evreux Ouest comme dans dans d'autres cantons d'ailleurs.
Les Maires soulignent la fin d'un âge d'or pour les collectivités locales, celui du toujours plus dans la dépense publique.
Le souci de trouver un équilibre entre les services publics offerts à la population et l'acceptabilité du poids de l'impôt est en 2011 très présent dans la parole municipale.
C'est une résultante directe de la crise financière et économique. Celle-ci impacte terriblement le budget de la France et nous venons d'atteindre le pic de 1574 milliards de dette au 28 décembre 2010.
Jusqu'alors et depuis des années, la dépense publique telle qu'on en parler était exclusivement présentée par le prisme du budget de l'Etat. Il est le plus symbolique et le plus voyant aussi.
Pourtant, très récemment ce message sur la maîtrise des dépenses publiques glisse sur l'échelon des collectivités locales. L'Etat verse chaque année un nombre de dotations importantes en milliards d'€ aux collectivités.
En 2010, la totalité de l'impôt sur le revenu des Français (59,5 milliards d'€) était versé aux collectivités locales (59,4 milliards d'€)
La France vit à crédit depuis maintenant 35 ans puisque le budget de notre pays est voté en déséquilibre depuis cette époque.
De plus le nombre de fonctionnaires territoriaux dans les collectivités a augmenté de 71 % en 30 ans alors que sur la même période, les fonctionnaires d'Etat augmentaient de 14 %.
Ces 20 dernières années, les dépenses locales ont augmenté en moyenne de 5,35 % par an en monnaie courante, contre 3,35 % pour l'Etat. (même en tenant compte des transferts, l'augmentation reste plus importante dans les collectivités que pour l'Etat).
C'est le résultat d'une décentralisation affichée depuis 1982 et qui s'est accélérée massivement depuis la mise en place de l'intercommunalité avec la loi Chevènement de 1999.
Je fais parti de ceux qui pensent que les élus locaux municipaux tiennent un discours responsable et juste. La logique du toujours plus recule car l'argent public se raréfie.
Je crois sincèrement qu'un virage historique est pris par les communes. Certes, ce n'est par toujours un choix mais une conséquence, mais elle est en passe d'être comprise.
Il ne s'agit pas de se réjouir de dépenser moins, cela n'aurait aucun sens. Les besoins en services publics sont par nature jamais comblés. C'est la responsabilité des élus de trouver le juste équilibre.
Il est évident que les gouvernements qui se succéderont à compter de 2012 et quelque soit leur appartenance politique devront eux aussi veiller à maîtriser la dépense publique.
Le débat est d'ailleurs relancé pour savoir si la réduction du déficit et/ou de la dette de la France doit devenir une obligation fondamentale en l'inscrivant dans notre constitution.