
Depuis l'annonce de la Communauté d'Agglomération des Portes de l'Eure de vendre un terrain devant accueillir un immense village de magasins de marques, on pouvait sentir la pression monter.
La première intervention publique fut prise au moment de la présentation par la ville d'Evreux du rachat du site de l'hôpital St-Louis.
Envisager un centre commercial sur ce site est-il sérieux si un tel projet voit le jour à quelques kilomètres de là ?
Le ton était lancé. Depuis lors sur Evreux, son agglomération, dans d'autres cantons de l'Eure, et bien au-delà, l'inquiétude des commerçants n'a fait que grandir.
On peut la comprendre, car comment ne pas anticiper le déplacement de la clientèle vers ce type de village. C'est tout le prêt-à-porter sur l'Eure qui en souffrira. Si ce secteur souffre beaucoup, ce sont aussi les autres secteurs qui en souffriront.
On ne peut pas se plaindre d'un coté de voir nos rues envahies d'agences bancaires, d'agences d'assurances, de magasins de téléphonie mobile et laisser un village commercial s'implanter.
Bien sûr que les élus locaux font tout pour soutenir des projets d'investissements pour promouvoir leur territoire, créer de la richesse et de l'emploi.
Il y a bien longtemps que les territoires sont en concurrence. Pour autant, la fausse bonne idée serait de provoquer un "aspirateur à client."
Un développement pour le territoire d'accueil et une paupérisation pour les autres territoires.
Au-delà du combat mené par une grande majorité des commerçants de notre agglomération, la vraie question est celle-ci :
Comment voulons-nous organiser notre offre commerciale ?
Nous avons pourtant le recul nécessaire avec la poussée durable des grandes surfaces alimentaires dans les années 60. Autour se sont greffées des enseignes commerciales pour constituer les zones que nous connaissons aujourd'hui.
La multiplication des villages commerciaux accélèrerait encore la désertification de nos centre-bourgs. Il ne restera plus que quelques bars et magasins d'alimentation de proximité (boulangeries, boucheries, traiteurs, crèmerie...)
A travers cet exemple criant de vérité, c'est la question de l'aménagement du territoire telle que nous la souhaitons.
Toutes les politiques publiques concourrent à favoriser les circuits courts, à favoriser l'implantation de commerces dans nos communes, à développer la notion de pays, de terroir. C'est une bonne chose.
Des implantations commerciales de cet ordre feraient imploser toutes ces politiques.
C'est un vrai débat, un beau débat pour nos concitoyens, responsables professionnels et élus.
Je défenderai toujours cette France des territoires vivants que nous aimons.