
Alors que la ville d'Evreux et son agglomération déploraient ne pas avoir les bons chiffres, le Conseil général vient de voté son Budget Primitif 2011.
Ce sont pourtant les mêmes élus qui votent ces budgets, comme quoi, selon que le canton est renouvelable ou non, la stratégie diffère. Dont acte.
Je suis toujours interpellé par cette majorité départementale qui s'approprie le département au sens institutionnel. Il y avait un Conseil Général avant qu'il en exerce les responsabilités depuis 2001. Les politiques menées sont celles que la loi leur confère et celles que la loi leur autorise (via la clause de compétence générale) à exercer.
Enfin, ce n'est pas leur argent qu'il distribue mais celui du contribuable. Le contribuable national qui reverse via l'Etat les dotations, et le contribuable local qui verse la fiscalité.
Le sport restant une compétence du conseil général, on est en droit d'imaginer que celui-ci va revenir sur la suppression de ses subventions à des grands clubs de sports sur Evreux. La pseudo-suppression de la compétence avait justifié des choix douloureux dont les plaies sont loin d'être fermées.
Que des élus politiques évoquent un "budget de résistance" est totalement déplacé. Le mot "résistance" dans la bouche d'un responsable politique nous renvoi bien évidemment au mot "occupation". Il convient de garder la tête froide et d'éviter de faire de mauvais parrallèles avec l'histoire. Les mots et les symboles ont des importances toutes particulières et il appartient à chacun d'en mesurer la portée.
Voir les conseillers généraux de la majorité au fond de leur tranchée ou dans le maquis frise l'absurde...
Plus sérieusement, la majorité départementale nous explique que tout va mal, que la situation financière est difficile mais qu'elle continue à déployer de nouvelles actions tout azimuts. Dans de telles circonstances, il conviendrai plutôt de se recentrer sur ses missions essentielles.
Tout cela prouve que nous sommes les témoins de postures mais cela fait partie de la joute démocratique.
Pour remédier à cette situation, il fallait réaliser des économies et/ou augmenter les impôts.
La coutume électorale ne permet pas cela à quelques encablures d'un scrutin. Les contribuables connaissent cette tactique par coeur. Dans ces conditions 2012, sera une année délicate.
Il suffit d'observer la ligne fête et cérémonie qui passe de 125.678 € en 2010 à 339.022 € en 2011 pour comprendre que l'Etat n'est probablement pas responsable de tout.
La crise ne les empêche pas de faire la fête...