le village de marques, suite...Un élément important dans l'étape de concrétisation ou non du projet de création d'un village de marque à Douains vient d'être rendu.
La CCI, qui ne rend qu'un avis, certes, avait demandé à ce qu'une étude d'impact soit menée sur ce projet avant de rendre son verdict. J'aurai préféré qu'une étude soit menée auprès des commerces dans les communes qui ont déjà pu observer l'impact en terme de chiffres d'affaires et d'emploi depuis que des villages comme celui-ci ont ouvert. Ce type d'étude aurait eu le mérite d'être basée sur des chiffres réels et non sur des déclarations ou autres ratios.
En rendant un avis positif sur cette implantation, la CCI qui représente les commerçants, et les industriels et sociétés de services, n'a absolument pas suivi l'avis des très nombreux commerçants qui s'opposent à ce projet depuis le début.
Tout cela est curieux et il ne faut pas s'étonner que les électeurs (professionnels) des chambres consulaires soient toujours aussi peu nombreux à voter.
Je crains que la base commerçante soit longuement contrariée par ses représentants professionnels...
D'ailleurs, les commerçants et le collectif ont d'ores et déjà indiqué qu'ils s'opposeraient à toutes les étapes du dossiers.
En effet, le projet doit faire l'objet d'autres étapes comme le passage en Commission Départemental d'Aménagement Commercial (voir réglementation) qui devrait se réunir avant l'été.
Pourtant, à l'initiative des parlementaires, une proposition de loi relative à "l'urbanisme commercial" est en discussion et devrait faire l'objet d'une adoption avant la fin de l'année.
La vraie question revient à se demander si la prochaine règlementation sera plus contraignante ou pas vis-à-vis de l'ouverture de villages de marques.
Le projet prévoit à ce jour la suppression pure et simple des commissions départementales et nationales d'amégement du territoire au profit des intercommunalités. En effet, ce sont les élus locaux qui décideraient à eux seuls l'ouverture ou l'extension de surfaces commerciales.
Quand on sait que la longueur du territoire d'une intercommunalité oscille entre 15 et 50 kilomètres, on est en droit de penser qu'un village de marques auraient un impact commercial qui irait bien au delà du propre territoire où il est implanté.
Dès lors qu'une instance départementale et qu'une voie de recours nationale disparaissent, nous pouvons convenir que la logique de l'aménagement du territoire est bafouée.
Cela reviendrait à confier à une structure locale (communauté d'agglomération ou de communes) le destin commercial de territoires qui n'ont pas le pouvoir de peser dans la décision.
En quelque sorte, je retrouve le débat législatif sur l'implantation de fermes d'éoliennes. Dans un premier temps du texte, il revenait à l'intercommunalité ou à la commune de valider l'implantation d'éoliennes sur son territoire. Seulement, la "pollution" visuelle impactait très souvent d'autres territoires qui eux, ne pesaient pas non plus dans la décision.
Je crois que la logique du territoire a ses limites dès lors qu'on lui confie des décisions qui sont en réélles capacités de peser sur le destions des autres territoires.
J'invite nos élus et parlementaires à se saisir de cette difficulté et de la surmonter avec l'appui des professionnels.
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