
Le Conseil Général vient de débattre de ses orientations budgétaires pour l'année 2011.
A la lecture et aux commentaires de la majorité départementale, il convient de tirer quelques conclusions qui montrent combien le discours est politicien et non politique. C'est dommage !
Page 3 du document : "le Conseil général se trouvera donc en situation de fragilité" à cause d'un Etat défaillant précise la majorité. Parrallèllement, elle s'enorgueillit d'avoir une très bonne note de gestion attribuée par une agence de notation.
On observe bien que ces 2 affirmations sont contradictoires et qu'au moins une des 2 est fausse.
La majorité se plaint de perdre de la fiscalité dynamique au profit de dotations d'Etat trop figées. Cette affirmation se conçoit parfaitement. Pourtant, en même temps, cette majorité se plaint que la future Contribution Economique de Territoire (qui remplace la Taxe professionnelle) et les droits de mutations soient trop incertain en terme de recettes.
A nouveau, c'est tout et son contraire...
Dans le même esprit, la majorité condamne qu'elle n'agit désormais plus que sur 13 % de ses ressources en terme de vote des taux contre 39 % avant la réforme. C'est un débat permanent depuis le début de la décentralisation. Est ce que l'autonomie des collectivités doit étre fiscale (vote des taux des principales ressources) ou budgétaire (gestion politique de dotations).
C'est un vrai débat et qui est loin d'être clos et qui n'est pas vraiment d'ailleurs un clivage droite gauche.
J'ai côtoyé dans l'opposition pendant plusieurs années Michel SAPIN ,alors Président de la Région Centre, ancien Ministre de l'économie et aujourd'hui Secrétaire National PS à l'économie. Sur ce même débat, il ne partage absolument pas la vision de ses amis politiques du Conseil Général de l'Eure. J'ai d'ailleurs pu respecter le travail et les qualités humaines de cet homme pendant cette période professionnelle.
La majorité déplore qu'elle soit contrainte probablement de réduire ses dépenses d'investissements. En effet, et je la rejoins sur ce point, les dépenses d'investissements permettent de délivrer des marchés publics pour l'achat de matériels ou la construction d'équipements publics. En cela, ces dépenses offrent un chiffre d'affaire important pour les entreprises et donc l'emploi.
Pourtant, ces mêmes élus de la majorité ont été totalement hostiles au plan de relance de 11,7 milliards d'€ d'investissement dégagé par l'Etat. C'est regrettable et démagogique !
Enfin, la majorité départementale reproche à l'Etat de vouloir réduire ses déficits publics et donc de rechercher des économies sur son dos bien évidemment. Pourquoi alors arrêter l'expérimentation du transport à la demande "Libertad", qui a connu un vrai succès, car ce dispositif est trop déficitaire.
J'ai trouvé d'ailleurs que cette expérimentation était intéressante pour tenter de sortir de l'isolement des habitants trop éloignés de l'accès au transport. C'est dans ce même esprit que Jean-Louis DEBRE avait mis en place le service "taxi-bus" dans l'agglomération d'Evreux. Ce dispositif existe toujours...
Il est difficile de délivrer un discours crédible du "tout va mal" car la majorité départementale se contente de polémiquer et d'affirmer par ailleurs que "tout va pour le mieux" parce que cette équipe disposerait de toute les qualités.
C'est un grand écart et des flagrants délits de postures qui se voient comme le nez au milieu de la figure.