
Encore un épisode surréaliste qui s’est tenu au conseil municipal d’Evreux du 6 février 2012.
La municipalité proposait d’acquérir un site situé à Nétreville-La Rougemare sur lequel existait auparavant un club privé de tennis.
Le Maire et ses « amis » nous ont affirmé que la ville faisait une « très bonne opération » en l’acquérant pour 800.000 €.
Devant le vide total des motivations justifiant une telle acquisition, l’opposition demandait quelles étaient les motivations de la municipalité.
C’est avec mépris que la municipalité nous a indiqué qu’il y avait un projet sportif mais qu’on ne pouvait pas le préciser car il fallait faire preuve de confidentialité pour ne pas gêner l’opération.
La presse étant présente, il convenait d’être discret.
Bref, c’est un secret « municipal ». Circulez, y a rien à voir !
Il est tout de même curieux que l’on demande à un conseil municipal de valider l’achat d’un site pour une somme de 800.000 € sans savoir quelle est sa destination. C’est encore une fois le mépris et la suffisance qui plane régulièrement au dessus de la gestion municipale.
Ce mépris n’a fait que s'accentuer lorsque j’appris, en quittant le conseil, que la municipalité s’était exprimée dans la presse l’après-midi même, et qu’une conférence de presse était organisée à l’issue de la séance.
Rien que ça. C’est un secret pour la seule opposition municipale. Du jamais vu !
Ubuesque. A peine parti, je découvris que la conférence de presse venait d’être annulée et que le site accueillerait dans un premier temps le club de basket professionnel à titre provisoire car il y avait un problème avec le Plan Local d’Urbanisme approuvé par leurs soins en décembre 2011.
Au delà de la "présentation" de ce dossier, il convient de parler plus particulièrement du fond.
La ville en validant son PLU s’est « tiré une balle dans le pied ». En limitant l’emprise foncière de constructibilité à un certain seuil, la municipalité n’avait pas anticipé que la construction de la nouvelle salle de sports à coté de l’ancienne, ajoutée à la construction de la SMAC, dépasserait le seuil qu’elle avait elle-même fixé.
L’idée au préalable était de construire la nouvelle salle, laisser l’ALM Basket jouer dans l’ancienne, et à l’ouverture de la salle neuve, déménager le club, et enfin, démolir la vieille salle.
Ce scénario devenu impossible, la municipalité change son fusil d’épaule pour n’avoir pas anticipé cette dimension technique du projet. Il lui appartient de trouver un lieu pouvant accueillir l’ALM Basket pendant qu’on démolirait l’actuelle salle avant de construire la nouvelle.
Pourtant, il existe une procédure de modification du PLU mais cela demande un peu de temps et surtout, il faut reconnaître publiquement qu’ils ont mal conçu le projet.
Alors, la municipalité préfère acheter un site à 800.000 €, ajouter une autre somme pour aménager le site. Alors que l’argent public est rare, on est en droit de s’interroger sur une initiative aussi soudaine..
On peut d’autant plus s’interroger que l’ALM restera très peu de temps à la Rougemare pour une capacité d’accueil de spectateurs plus faible. La ville se retrouvera avec le site dans son patrimoine pour, selon les propos tenus par la municipalité, y développer du billard et du fustsal (football en salle). Quelle ambition !
Une interrogation encore : un investisseur a réalisé récemment dans cette même rue l'ouverture d'un bowling avec salle de billards. A t'il était consulté ?
Tout cela parait d’autant plus farfelu que cette municipalité a acheté en décembre 2011 les locaux de l’ASPTT de Nétreville et qu’un vrai projet sportif sur ce site reste encore à définir.
Il existe un autre point qui tend à montrer la précipitation et la confusion sur ce dossier.
Le budget de la ville a été voté en décembre 2011 et prévoit une inscription d’1 million d’€ pour les acquisitions foncières.
Entre l’achat des locaux de l’ASPTT (500.000 €) et le site de la Rougemare (800.000 €), c’est une somme de 1,3 millions d’€ dépensée, soit un dépassement de 300.000 € de l’enveloppe prévue 1 mois plus tôt.
C’est en permanence l’improvisation. C’est en permanence des coûts supplémentaires.