Regards sur le Village de MarquesUn projet de 20.000 m² avec l'ambition de porter la surface commerciale à 80.000 m² existe à Douains, soit à 26 km ou 36 minutes de trajet en voiture (source google map) d'Evreux.
Mener une étude d'impact d'un tel projet sur notre territoire peut être intéressant dès lors que les critères de l'étude soient satisfaisants. Dans un projet comme celui-ci la politique du "il est urgent d'attendre" n'est pas satisfaisante. Elle profite à l'investisseur seulement.
Il convient d'observer avec lucidité les villages qui ont déjà ouvert leurs portes et d'en mesurer les conséquences bonnes ou mauvaises. En cela, nous aurons une approche objective et bien plus rapide qu'une étude d'impact qui sera basée sur des informations à priori, et donc bien souvent éloignées de la réalité à postériori.
En 2008, il existait en France 21 villages de Marques pour une surface totale commerciale de 280.000 m² (sources observatoire européen des centres de marques). C'est donc une surface moyenne de 13.300 m² par village.
On observe ainsi que le projet de Douains est sans commune mesure avec les villages qui ont ouvert entre 1993 (Troyes, le seul à 84.000 m²) et 2008.
Voir le document d'analyse des CDEC entre 2004 et 2006.
C'est un chiffre d'affaire total estimé à 850 millions d'€ TTC pour les 21 villages, soit 3.035 €/m². On peut raisonnablement estimé le CA de Douains à 60,7 millions d'€.
Enfin, selon l'observatoire, les 21 villages emploient 1 emploi pour 51 m². C'est un prévisionnel de 392 emplois pour le projet de Douains. Il est extrêmement important de convenir que ce chiffre est un chiffre brut. Le bon sens prévaut qu'il faut porter un regard lucide et intégrer la notion de suppression d'emplois dans le commerce de proximité et de centre-ville.
En 2003, il est particulièrement troublant de noter ce que disait la Présidente de la Chambre professionnelle de l'habillement de l'Aube : "L’implantation des magasins d’usine n’a pas seulement un impact sur la ville mais aussi sur tout le département : 300 magasins ont fermé dans l’Aube depuis la généralisation des centres de marques."
A cette même table ronde, Alain Marcilly, Président de la fédération des commerçants du centre-ville Troyen ajoutait : " si bien qu'en moins de 10 ans, le centre ville de Troyes a dû déplorer la fermeture de 140 commerces spécialisés dans l'équipement de la personne."
Avec les emplois directs et indirects, on est en droit de s'intérroger sur le fait de savoir si le solde est positif en terme d'emplois sans compter la notion du "vivre ensemble" dans les centres ville. On peut y ajouter la qualité du contrat de travail où le CDD de 20h est le contrat type face à des CDI chez les commerçants.
La CCI de Montpellier a déjà réalisé une étude d'impact à postériori, 9 mois après l'ouverture d'un centre de marques (octobre 2010).
C'est 91 boutiques dont 31 seulement qui n'existent pas sur l'agglomération. Surtout, on observe parfaitement que les motivations du déplacement vers ce Centre ou Village sont comparables à celles des centres villes (page 8 document joint).
On observe ce qu'il y a plus de déterminant (page 8). Le centre ville est un carrefour de motivations de déplacements (professionnels, tourisme, bars, shopping, cinéma, services, administratifs). C'est exactement cette notion de mixité au sens large qui fait que nos centres villes sont des poumons qui brassent toutes les populations.
Détruire ces poumons, c'est détruire l'échange humain pour développer ailleurs un échange commercial.
Un élément intéressant qui vient aussi relativiser l'impact si prestigieux que présente les investisseurs.
Le Responsable des affaires économiques de la Fédération Nationale de l'Habillement apporte également un éclairage nouveau par rapport à l'e-commerce, aux règles du déstockage. C'est aussi un regard sur la réalité de l'offre commerciale qui est bien plus enjolivée que la réalité pour le consommateur. (voir document 2 joint).
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