Une étape importante vient d’être franchie pour accueillir la future mosquée de la communauté musulmane d’Evreux.
Le conseil municipal a arrêté le choix d’un terrain qui se situe devant l’ALM tennis le long du boulevard du 14 juillet. Il est regrettable qu’aucun autre lieu n’ait été présenté. Le choix en toute transparence aurait pu être assumé.
A part un ou deux légers dérapages, l’ensemble des élus républicains s’est retrouvé sur un dossier qui mérite d’être dépassionné.
En 1905, la IIIème république a autorisé la liberté de conscience et séparé l’Etat des Eglises. C’est un équilibre fragile qui existe depuis plus de 100 ans.
C’est pourquoi, au-delà du choix du terrain, je ferai parti de ceux qui seront vigilants sur le montage juridique et financier de la « cession » de ce terrain qui appartient à la ville d’Evreux.
En filigrane du débat, il y avait surtout le mode de financement qui était derrière les esprits.
- L’opposition municipale s’est retrouvée autour d’un amendement présenté par G.SILIGHINI qui visait à faire disparaître de la délibération l’acceptation d’un lieu « culturel ». Je me réjouis que sur un sujet aussi essentiel et qui touche aux fondements même de notre république laïque, des élus de toute sensibilité puissent avoir des points de convergence. En réalité, et je soutiens cette séparation nette entre lieu cultuel et culturel, le fait est que cette notion dite « culturelle » permet à des collectivités locales de « contourner » la loi de 1905. En s’appuyant sur un projet « culturel », certaines collectivités versent une subvention directe. De mon point de vue, cette « artifice » n’est pas acceptable.
Bien évidemment, il ne s’agit pas ici d’ôter la dimension culturelle musulmane qui existe et rayonne partout dans le monde. Il s’agit de « casser » un mécanisme « malin » pour tordre le cou à l’esprit de la loi de 1905.
- Le Maire a évoqué la future garantie d’emprunt que la ville apportera aux porteurs du projet de construction de la mosquée. D’après les premiers chiffres, le coût varie entre 2,5 et 3 millions d’€ TTC. Cela revient à dire que si l’association cultuelle n’est pas en mesure de rembourser son emprunt, les contribuables Ebroïciens se substitueront au défaut de paiement. Certes, la loi du 29 juillet 1961 autorise la garantie d’emprunt. Pour autant, je ne souhaite pas que l’ensemble des Ebroïciens soient solidaires financièrement d’un projet qui n’est pas d’intérêt général mais communautaire.
Enfin, il existe à ce jour au moins 2 projets. Il appartient désormais à la communauté musulmane d’Evreux de dialoguer et de se rassembler pour présenter un projet le plus fédérateur possible afin que la ville d’Evreux n’ait qu’un seul interlocuteur.
Il n’appartient pas aux élus municipaux d’avoir à choisir et trancher entre plusieurs projets de mosquée.
C’est donc une étape de franchie mais il reste beaucoup de travail à accomplir et je doute que sur le montage juridique et financier, on retrouve une forme de quasi unanimité comme ce 20 février.